Votre retour en France commence de l'autre côté de l'Atlantique

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Rejoignez ceux qui nous ont confié les cartons, les formulaires de douane et la traversée, et ont gardé leurs dernières semaines au Canada pour les gens et les lieux qui vont leur manquer.

Vous échangez le Canada contre la France ?

Du Canada à la France : l'essentiel

  • Vos affaires voyagent par bateau, et la traversée elle-même est courte pour du transport international. Halifax est le grand port nord-américain le plus proche de l'Europe, et les ports de l'Est atteignent Le Havre en neuf à dix-huit jours environ, Fos-sur-Mer près de Marseille demandant quelques jours de plus. En porte-à-porte, emballage, attente d'un départ, dédouanement français et livraison compris, comptez six à dix semaines. Notre minimum est de six cartons en conteneur partagé, et il n'y a pas de maximum si vous prenez un conteneur entier.

  • Le point de départ compte ici plus que sur n'importe quelle autre liaison que nous opérons. Il n'existe pas de service conteneurisé direct établi entre la Colombie-Britannique et la France : un déménagement depuis Vancouver passe donc soit par le canal de Panama, au sud, soit par cinq à sept jours de train jusqu'à Montréal avant d'embarquer. Et de janvier à fin mars, la Voie maritime du Saint-Laurent est fermée en amont de Montréal, ce qui met hors d'eau Toronto et tous les ports des Grands Lacs. Montréal, lui, reste ouvert tout l'hiver, maintenu accessible par les brise-glaces.

  • Pour un vrai déménagement, la douane française ne vous demande généralement rien sur vos biens. Et c'est vrai aussi si vous êtes français et que vous rentrez : la franchise pour transfert de résidence normale supprime les droits de douane et la TVA à 20 %, aux mêmes conditions pour tout le monde. Il faut avoir résidé hors de l'Union européenne pendant au moins 12 mois, avoir possédé et utilisé les biens depuis au moins 6 mois, les faire entrer dans les 12 mois suivant votre installation, et ne pas les vendre ni les prêter pendant les 12 mois qui suivent. L'alcool et le tabac n'en bénéficient jamais, ce qui compte si la cave fait le voyage.

  • Deux bonnes nouvelles, surtout si quelqu'un dans la famille voyage avec un passeport canadien. Le Canada est l'une des trois seules nationalités à pouvoir demander un visa vacances-travail français jusqu'à la veille de son 36e anniversaire, et les Canadiens peuvent enchaîner ces séjours sur deux ans environ, là où la plupart des passeports n'ont droit qu'à une seule année. Et votre chien ou votre chat n'a besoin d'aucun test sérologique antirabique et ne subit aucune quarantaine, parce que le Canada est un pays listé. Le point moins pratique est électrique : le Canada est en 120 volts et 60 hertz, la France en 230 et 50. Tout ce qui a un moteur ou une résistance chauffante est donc à vendre plutôt qu'à expédier.

  • La partie que l'on sous-estime le plus, c'est l'argent, et la réponse change selon le Canada que vous quittez. Vous déposez une déclaration de départ auprès de l'ARC et vous êtes réputé avoir vendu la plupart de vos actifs non enregistrés le jour de votre départ. Votre CELI (le TFSA sur vos relevés) conserve son abri fiscal canadien, mais presque certainement aucun abri français, et y cotiser pendant que vous êtes non-résident est pénalisé chaque mois. Le Québec a sa propre entente de sécurité sociale avec la France, distincte de l'entente fédérale, et ses propres accords sur les qualifications professionnelles. Faites-vous conseiller sur la fiscalité transfrontalière avant de partir, pas après.

Voici l'image honnête : l'océan est la partie facile de ce déménagement. Le Canada et la France sont proches en termes maritimes, et les formalités à l'arrivée française sont bien balisées. Ce qui piège les gens, c'est tout ce qui doit se passer dans le bon ordre, et le fait qu'une partie soit décidée par la géographie et la météo plutôt que par vous.

La vraie surprise est en général financière, et ce n'est pas la facture du transport. C'est de découvrir que quitter le Canada est un événement fiscal, que le compte qu'on vous a présenté comme non imposable cesse de l'être dès que vous devenez résident fiscal français, et qu'un retraité venu du Canada paie en France des prélèvements sociaux sur sa pension canadienne, là où un Britannique ou un Allemand n'en paierait pas. Rien de tout cela n'est une raison de renoncer. Tout cela mérite une heure avec un conseiller pendant que vous vivez encore au Canada.

Ci-dessous, nous reprenons tout dans l'ordre où vous allez le rencontrer : la franchise de douane française et comment y avoir droit, ce que le Canada restreint à la sortie, le visa, la traversée et pourquoi la saison compte, la voiture, le chien, puis les questions d'argent des deux côtés de l'Atlantique.

Comment nous vous emmenons là-bas

Un déménagement du Canada vers la France se joue bien avant que le navire ne parte : au moment où le visa arrive, à l'honnêteté de l'inventaire, et au port d'où votre conteneur peut réellement partir à cette période de l'année. Nous construisons le plan autour de ces trois points, et vous choisissez les dates.

Parlez-nous de votre déménagement

Votre adresse au Canada, l'endroit où vous vous installez en France et, en gros, ce qui part. Vous recevez un plan, une fenêtre d'arrivée réaliste et un prix avant toute réservation.

Rencontrez votre responsable de déménagement

Une seule personne construit l'envoi avec vous et pose tôt les questions qui fâchent : le pick-up, le vin, les papiers du chien, et la question de savoir si le canapé d'angle passera dans un escalier lyonnais.

Nous nous occupons du reste

Emballage, export, traversée, déclaration en douane française et livraison devant votre nouvelle porte. Vous avez droit à de vrais adieux ; nous tenons le calendrier.

Les périodes de l'année qui façonnent cette liaison

C'est la seule liaison de notre réseau où le calendrier peut fermer un port. L'hiver décide de bien plus de choses que prévu dans un déménagement depuis le Canada :

  • De janvier à fin mars
    La Voie maritime du Saint-Laurent ferme en amont de Montréal pour l'hiver. La saison 2026 a ouvert le 22 mars, et les écluses avaient fermé début janvier. Cela met hors d'eau Toronto, Hamilton, Thunder Bay et tous les ports des Grands Lacs pendant environ onze semaines. Montréal, lui, reste ouvert toute l'année, maintenu navigable par les brise-glaces : un déménagement depuis l'Ontario en février part donc par train vers Montréal ou Halifax plutôt que d'attendre la fonte.
  • De mai à septembre
    La moitié chargée de l'année des deux côtés de l'Atlantique, et la fenêtre que visent la plupart des familles pour que les enfants fassent la rentrée française début septembre. Prévoyez de réserver plus tôt et un supplément de haute saison, et rappelez-vous que la France s'arrête largement en août : le conteneur peut accoster à l'heure et attendre quand même un bureau qui rouvre en septembre.
  • D'octobre à décembre
    Souvent la période la plus intéressante financièrement, avec de la place plus facile à trouver avant la fermeture des écluses. La contrepartie, c'est la météo. Les tempêtes de l'Atlantique Nord décalent les navires de leurs horaires publiés pendant tout l'hiver, et les compagnies appliquent aussi des surcharges pour basses eaux à Montréal quand le Saint-Laurent est bas.

Quitter le Canada, arriver en France : le volet douanier

Deux jeux de règles s'appliquent à votre envoi. La France décide de ce que vous devez à l'arrivée de vos biens, et pour un vrai déménagement la réponse est en général : rien. La franchise pour transfert de résidence normale fait entrer vos biens usagés sans droits de douane ni TVA à 20 %, sur demande au moyen du formulaire Cerfa 10070 accompagné d'un inventaire détaillé.

Le Canada décide de ce qui peut sortir. La liste est courte, mais elle attrape des gens qui ne se savaient pas concernés. Tout objet de 50 ans ou plus peut relever des règles canadiennes sur les biens culturels, avec des seuils qui commencent à 3 000 dollars pour les médailles et 15 000 pour les arts décoratifs. Les armes à feu exigent un permis d'exportation d'Affaires mondiales Canada avant de partir ailleurs qu'aux États-Unis. Et les espèces ou effets monétaires d'une valeur de 10 000 dollars canadiens ou plus doivent être déclarés à l'agence des services frontaliers avant votre départ, pas après.

Il y a une bonne nouvelle cachée dans ces règles sur les biens culturels, et elle concerne beaucoup de foyers : si vous avez vous-même fait entrer l'objet au Canada au cours des 35 dernières années et que vous pouvez le prouver, le permis est délivré automatiquement, sans examen. La règle vise le patrimoine canadien qui quitte le pays, pas le buffet de votre grand-mère qui repart d'où il vient.

Les papiers à garder sous la main

La douane française vérifie une chose avant toutes les autres : que votre vie a réellement déménagé, et pas seulement un conteneur. Gardez ceci ensemble :

  • Votre passeport ou votre pièce d'identité française et, si vous n'êtes pas français, votre visa long séjour ou votre titre de séjour
  • La déclaration Cerfa 10070, le formulaire qui permet de faire entrer vos biens personnels en France en franchise de droits depuis un pays hors UE
  • Un inventaire détaillé de tout l'envoi, valorisé, daté et signé, en deux exemplaires, que notre équipe rédige au fur et à mesure de l'emballage
  • La preuve que vous avez résidé hors de l'Union européenne pendant au moins 12 mois : un bail canadien, un avis de taxe foncière, des factures d'énergie, des bulletins de paie ou un avis de cotisation de l'ARC
  • Un justificatif de votre nouvelle adresse en France : un bail, un acte de propriété ou un contrat d'énergie à votre nom
  • De quoi montrer que les biens vous appartiennent et vous servent depuis au moins six mois, ce qui, pour la plupart des foyers, se résume à un inventaire honnête et détaillé
  • Pour une voiture, son certificat d'immatriculation canadien et la preuve d'achat
  • Pour un animal, son numéro de puce, son carnet de vaccination antirabique et le certificat sanitaire européen visé par l'Agence canadienne d'inspection des aliments
  • Un numéro de téléphone et une adresse mail en France, parce que la douane préfère vous joindre vous plutôt qu'une société

Contrôles, blocages, et le temps qu'ils ajoutent

La France ne pratique pas de contrôle biosécuritaire sur les biens de déménagement : personne ne cherchera de la terre sous vos chaussures de randonnée comme le ferait l'Australie. Ce qui peut arriver, c'est une question sur les papiers ou un coup d'œil dans le conteneur, et les deux se comptent en général en heures ou en jours.

  • Une question sur les papiers
    De loin le cas le plus fréquent. En général une valeur qui paraît élevée, un article qui ressemble à du stock, ou un trou dans vos justificatifs de résidence. La plupart se règlent dans la journée.
  • Un contrôle physique
    Plus rare. Les agents ouvrent le conteneur et comparent son contenu à l'inventaire. Une liste précise est votre meilleure protection : c'est pour cela que nous nommons les objets au lieu d'écrire « 60 cartons, biens de maison ».
  • De l'alcool ou du tabac dans le chargement
    Ils sortent de la franchise et sont taxés à part. Déclarés dès le départ, ils deviennent une ligne de plus sur la facture plutôt qu'un motif de blocage de tout le conteneur.
  • Des justificatifs de résidence qui n'existent pas encore
    Le blocage qui coûte vraiment du temps. Tant que vous ne pouvez pas montrer que votre résidence est désormais en France, la franchise ne peut pas s'appliquer et le conteneur attend.
  • Les objets canadiens que personne ne pense à déclarer
    La bombe anti-ours dans le bac de camping, un paquet de bacon à l'érable, des graines gardées du potager, un comestible au cannabis acheté légalement et oublié dans un tiroir. Chacun transforme un dédouanement de routine en discussion, et le dernier relève du pénal et non de la douane.

Combien de temps dure vraiment la traversée

Le trajet maritime est la partie courte. Depuis les ports de l'Est, cela se compte en jours plutôt qu'en semaines : Halifax est le grand port nord-américain le plus proche de l'Europe, et une liaison directe vers Liverpool prend environ six jours de mer. Un port français rallonge l'affaire, parce que Le Havre et Fos-sur-Mer se situent plutôt en fin de rotation sur les services qui desservent le Canada : comptez donc environ neuf à quatorze jours de Halifax au Havre, et un peu plus depuis Montréal ou Saint John.

Le porte-à-porte est un autre chiffre, et c'est là que ce qu'on lit sur internet diverge complètement. Une fois ajoutés l'emballage, le trajet terrestre jusqu'au port, l'attente d'un départ, le dédouanement français et la livraison, la plupart des foyers sur ce corridor doivent tabler sur six à dix semaines, davantage pour un conteneur partagé ou un départ de la côte ouest. Quiconque vous annonce trois semaines en porte-à-porte vous parle du navire, pas du déménagement.

Les horaires sont aussi devenus moins fiables qu'avant. Sur l'ensemble de 2026, seule une minorité des traversées transatlantiques est arrivée le jour annoncé, des retards de plusieurs jours sont devenus normaux, et les grands hubs d'Europe du Nord par lesquels votre conteneur peut transiter tournent près de la saturation. Nous intégrons cela dans la fenêtre d'arrivée que nous vous donnons, plutôt que d'annoncer la brochure et de nous excuser ensuite.

Ce que la France restreint

Drogues illicites et matériel associé

Drogues illicites et matériel associé

Explosifs, feux d'artifice et fusées de détresse

Explosifs, feux d'artifice et fusées de détresse

Armes à feu, munitions et pièces d'armes

Armes à feu, munitions et pièces d'armes

Produits chimiques dangereux

Produits chimiques dangereux

Substances corrosives

Substances corrosives

Contrefaçons et produits piratés

Contrefaçons et produits piratés

Ivoire et produits issus d'espèces protégées

Ivoire et produits issus d'espèces protégées

Piles au lithium isolées ou endommagées

Piles au lithium isolées ou endommagées

Liquides inflammables, bouteilles de gaz et carburants

Liquides inflammables, bouteilles de gaz et carburants

Matières biologiques et contaminées

Matières biologiques et contaminées

Médicaments sur ordonnance et substances réglementées

Médicaments sur ordonnance et substances réglementées

Autres marchandises dangereuses

Autres marchandises dangereuses

Combien pouvez-vous emporter ?

Nous déménageons du Canada vers la France des foyers de toutes tailles, de la chambre unique en colocation à la maison de cinq chambres avec un sous-sol que personne n'a entièrement fouillé depuis le dernier déménagement.

  • Minimum : 6 cartons
    Les petits envois partagent un conteneur avec d'autres déménagements qui vont dans la même direction, ce qui garde le prix raisonnable. La contrepartie, c'est le calendrier : un conteneur partagé part une fois plein, prévoyez donc une à deux semaines de plus.
  • Pas de maximum
    Toute la maison, le mobilier de terrasse et le contenu du garage peuvent voyager dans un conteneur qui n'est qu'à vous, à vos dates.

La vraie question n'est pas de savoir si tout tient dans le conteneur, mais si tout tient en France. Les logements canadiens sont généreux et le sous-sol canadien est une habitude nationale de rangement ; un appartement français n'est ni l'un ni l'autre. Un immeuble à Lyon ou à Bordeaux peut avoir un escalier qui tourne deux fois avant le premier palier et aucun ascenseur, et les cuisines françaises sont rarement pensées autour d'un réfrigérateur de la taille du vôtre. Mesurez les portes et les cages d'escalier avant de décider que le canapé d'angle vient aussi.

Les formulaires, expliqués simplement

  • Cerfa 10070
    La déclaration qui permet de faire entrer vos biens personnels en France en franchise depuis un pays hors UE. C'est par elle que vous demandez la franchise, et c'est le document qui retire les droits et la TVA de vos affaires.
  • L'inventaire
    La liste détaillée et valorisée de tout ce que vous expédiez, datée et signée, en deux exemplaires. C'est ce que les agents comparent au contenu du conteneur : elle doit donc être précise.
  • Les justificatifs de résidence, des deux côtés
    La preuve d'au moins 12 mois de résidence hors de l'Union européenne, et celle de votre adresse en France. Ensemble, elles montrent que le déménagement est réel.
  • Le certificat 846 A
    Uniquement si une voiture fait le voyage. La douane française le délivre une fois le véhicule dédouané, et vous ne pouvez pas immatriculer la voiture sans lui. Il est délivré même quand rien n'est dû, parce que c'est lui qui prouve l'exonération.
  • Le volet export canadien
    Vos biens quittent le Canada sous documentation d'exportation, que nous déposons dans le cadre de la prestation. Bon à savoir : l'exemption ordinaire qui permet aux voyageurs de sortir leurs effets personnels sans les déclarer est rédigée de telle façon qu'elle ne couvre pas les biens de maison d'un émigrant, ce qui explique qu'un départ définitif soit documenté plutôt que laissé passer. Les espèces à partir de 10 000 dollars, les armes à feu et les biens culturels soumis à contrôle ont chacun leur propre étape de déclaration ou de permis.

Où vérifier les informations de la douane française

La DGDDI, l'administration des douanes françaises, publie les conditions pour faire entrer vos biens en franchise lorsque vous transférez votre résidence principale en France : les critères de résidence, de possession et de délai, ainsi que la déclaration Cerfa 10070.

La DGDDI, l'administration des douanes françaises, publie les conditions pour faire entrer vos biens en franchise lorsque vous transférez votre résidence principale en France : les critères de résidence, de possession et de délai, ainsi que la déclaration Cerfa 10070.

Consulter les informations officielles de la douane française

Droits, TVA, et la franchise qui supprime les deux

Si vos biens ne remplissent pas les conditions de la franchise, la France les traite comme une importation ordinaire : droits de douane le cas échéant, plus la TVA à 20 %, calculée sur la valeur des marchandises y compris le coût pour les acheminer. Le fret entre dans cette base, et la facture est donc plus lourde qu'on ne l'imagine. La franchise existe précisément pour que les gens qui déménagent vraiment n'aient pas à la payer, et elle repose sur des conditions publiées, pas sur l'appréciation d'un agent.

Ce qui est dû sans la franchise

  • La TVA à 20 %
    Le taux normal de TVA français, appliqué à la valeur en douane de l'envoi. Comme elle porte sur tout et pas seulement sur quelques objets, c'est elle qui fait grossir la facture.
  • Les droits de douane, selon les biens
    Il n'existe pas de taux unique pour un déménagement : les droits sont fixés ligne par ligne dans le tarif douanier européen, selon la nature de chaque objet et son pays de fabrication, et beaucoup de biens de maison n'en supportent aucun. Le cas coûteux, c'est la voiture : 10 % de droits, avec la TVA à 20 % calculée par-dessus.

La franchise, et à qui elle s'adresse

  • Les quatre conditions
    Vous avez résidé hors de l'Union européenne pendant au moins 12 mois consécutifs. Vous avez possédé et utilisé les biens à titre privé pendant au moins 6 mois avant de transférer votre résidence. Ils arrivent en France dans les 12 mois suivant votre installation. Et vous ne les vendez pas, ne les prêtez pas, ne les louez pas et ne les mettez pas en gage pendant les 12 mois qui suivent leur arrivée.
  • Qui peut en bénéficier
    Toute personne qui transfère réellement sa résidence principale du Canada vers la France, quel que soit son passeport. Un Français qui rentre après des années à Montréal y a droit exactement aux mêmes conditions qu'un Canadien qui arrive pour la première fois : ni plus, ni moins. C'est la surprise la plus fréquente chez ceux qui rentrent au pays, persuadés que la douane de leur propre pays les laissera passer sans rien demander. Ce que la franchise ne couvrira pas, c'est l'ameublement d'une résidence secondaire en France pendant que votre vraie vie reste au Canada, même si le canapé vous appartient depuis vingt ans.

Là où ça coince

La franchise est généreuse, et les cas où elle ne s'applique pas sont prévisibles. Presque tous se ramènent à l'un de ceux-ci :

  • L'alcool et le tabac
    Exclus nommément, quelle que soit leur ancienneté chez vous. Le vin de glace, l'étagère de bouteilles de l'Okanagan, la collection de whisky : tout est taxé à part.
  • Ce que vous avez depuis moins de six mois
    Le réfrigérateur neuf acheté pour remplacer celui que vous avez vendu, la télévision des soldes d'après Noël. Ces objets peuvent voyager, mais ils ont leur place sur une liste distincte plutôt que glissés dans l'inventaire principal.
  • Le matériel professionnel
    Les outils de métier, le stock et tout ce qui ressemble à un actif d'entreprise sortent de la franchise. Les caravanes, camping-cars, mobil-homes et véhicules utilitaires aussi.
  • Une résidence qui n'a pas vraiment bougé
    Le refus le plus coûteux, et le plus évitable. Sans preuve que vous vivez désormais en France, la franchise ne s'applique pas et le conteneur attend. C'est pour cela que le visa quand il en faut un, l'adresse française et l'inventaire se préparent ensemble.
  • Un inventaire qui ressemble à du stock
    Dix articles identiques, des cartons scellés, ou des valeurs qui ressemblent à des prix de magasin. La douane s'attend à voir un foyer habité, et un inventaire sincère le lui montre.

L'exclusion qui fait mal sur ce corridor, c'est la cave, et l'on se fait souvent avoir deux fois. L'alcool est entièrement hors franchise : chaque bouteille est soumise aux droits de douane, aux accises et à la TVA à l'arrivée en France. La version canadienne de l'histoire, c'est le vin de glace du Niagara ou de l'Okanagan acheté comme cadeau d'adieu à soi-même, ou les bouteilles que les amis vous glissent le dernier mois. Expédiez et payez, buvez, offrez, ou laissez sur place. Emballer le tout dans des serviettes et écrire « linge de maison » sur le carton ne figure pas dans la liste des options.

L'autre point à soulever tôt, c'est la voiture, que nous détaillons plus bas. Elle peut voyager sous la même franchise si vous l'avez réellement possédée et utilisée pendant au moins six mois et que les autres conditions sont remplies, et la douane française délivre le certificat 846 A une fois le véhicule dédouané. Sans la franchise, c'est 10 % de droits et 20 % de TVA, ce qui est en général le moment où une voiture familiale ordinaire finit par être vendue au Canada.

Assurer votre envoi

Vos affaires sont emballées au Canada, acheminées par train ou par camion jusqu'à un port, hissées à bord d'un navire, transportées à travers l'Atlantique, déchargées en France puis livrées chez vous. Chacun de ces passages de relais est un moment où quelque chose peut cogner ou se fendre. La grande majorité des envois arrive exactement dans l'état où elle est partie. L'assurance est là pour les autres.

Pourquoi cela vaut le coup

C'est la traversée qui semble risquée. En pratique, les coups arrivent plutôt aux extrémités du trajet :

  • Le trajet terrestre
    Sur cette liaison, un conteneur parcourt souvent une longue distance par voie terrestre avant de voir l'eau salée : un déménagement depuis Toronto ou Calgary est chargé, acheminé par rail et levé bien avant que le navire n'entre en scène.
  • Les derniers mètres en France
    Les escaliers en colimaçon serrés, les ruelles de village et les ascenseurs prévus pour deux personnes et une baguette : c'est là que les meubles rencontrent le plus souvent un mur.
  • Le temps passé en garde-meuble
    Si la date de vente au Canada et celle de votre bail français ne coïncident pas, vos affaires patientent quelque part entre les deux. Il vous faut une couverture qui court pendant cet intervalle, et pas seulement pendant la traversée.
  • Ce qui ne se remplace pas
    Aucun contrat ne fera revenir la commode de votre grand-mère. Ce qu'il peut faire, c'est éviter que la perte soit financière en plus d'être sentimentale.

Ce qui est généralement couvert

Chaque contrat se lit différemment, mais une couverture pour un déménagement du Canada vers la France comprend en général :

  • La perte ou les dommages sur tout le trajet
    De l'enlèvement à votre domicile canadien jusqu'à la livraison en France, traité comme un seul déménagement continu plutôt que comme une suite d'étapes séparées.
  • Les dommages pendant les manipulations
    Chargement, déchargement, manutention portuaire et mise en place chez vous : c'est de là que viennent la plupart des sinistres réels.
  • Les périodes de stockage organisées avec nous
    La couverture peut en général être étendue au garde-meuble à l'une ou l'autre extrémité, ce qui est utile parce que les dates d'un déménagement international coïncident rarement parfaitement.

Lisez attentivement les exclusions et les valeurs déclarées avec votre assureur ou votre courtier avant de signer. Les cartons que vous faites vous-même sont souvent exclus, ou couverts uniquement en cas de perte totale : posez donc la question directement si vous comptez en emballer une partie.

Comment vous assurer avec nous

Il y a plusieurs façons d'assurer votre déménagement du Canada vers la France :

  • Un courtier ou un assureur de votre choix
    Une option sensée si vous travaillez déjà avec quelqu'un. Demandez précisément ce qu'il propose pour les déménagements internationaux, car une assurance habitation canadienne classique s'arrête en général à la frontière.
  • Un contrat que vous avez déjà
    Quelques assurances de biens s'étendent à un déménagement. Vérifiez ce qu'elles disent des cartons emballés par vos soins et des biens confiés à un déménageur.
  • Notre propre assurance cargo, souscrite dans le cadre de votre déménagement.
    À noter : notre couverture est facturée à 3 % de la valeur déclarée de votre envoi.
  • Déclarez la bonne valeur
    Ce n'est ni ce que vous avez payé il y a des années, ni la valeur sentimentale. C'est ce que chaque objet coûterait à remplacer en France, et c'est le chiffre auquel tout sinistre sera rapporté.

Quelle voie française vous est ouverte

Si vous êtes français, cette section ne vous concerne pas : vous rentrez chez vous et aucun visa ne vous sera demandé. Elle concerne votre conjoint, vos enfants majeurs ou toute personne du foyer qui voyage avec un passeport canadien. Un passeport canadien ouvre la France pour des vacances sans visa, 90 jours sur toute période de 180, mais pas pour y vivre. Pour s'installer, il faut un visa long séjour, demandé avant le départ : on ne peut pas arriver comme visiteur puis changer de statut une fois sur place. Les Canadiens disposent en revanche d'un avantage que la plupart des nationalités n'ont pas, et il vaut la peine de le connaître avant de se croire trop vieux.

Les voies réellement utilisées sur ce corridor

Quatre voies couvrent la plupart des Canadiens qui s'installent en France. Celle qui convient dépend de l'âge, du fait de travailler ou non, de qui vous paie, et de la présence d'un conjoint français ou européen. Si vous rentrez en France avec un conjoint canadien, c'est la troisième qui vous intéresse.

Le programme vacances-travail (PVT)

Le programme vacances-travail (PVT)

Voici l'avantage canadien. La plupart des nationalités sortent du dispositif vacances-travail français à 30 ou 31 ans. Les Canadiens, avec les Australiens et les Argentins, peuvent déposer leur demande jusqu'à la veille de leur 36e anniversaire. L'accord de mobilité des jeunes entre la France et le Canada couvre aussi les jeunes professionnels, les stages et les études, et les Canadiens peuvent cumuler des séjours bien au-delà de l'unique année non renouvelable à laquelle la plupart des passeports sont limités. Si vos enfants ont un passeport canadien, gardez cette voie en tête.

Visiteur long séjour (VLS-TS visiteur)

Visiteur long séjour (VLS-TS visiteur)

La voie habituelle des retraités et de tous ceux qui vivent de leur épargne ou de revenus venus de l'étranger. Il faut justifier de ressources stables, aujourd'hui autour de 1 478 euros par mois sur un an, d'une assurance maladie privée, et signer l'engagement de ne pas travailler en France. Un point à anticiper : une carte visiteur ne peut pas être transformée en carte pluriannuelle, donc si l'objectif est de rester durablement, parlons-en avant de choisir cette voie.

Le travail et le titre de séjour talent

Le travail et le titre de séjour talent

Si une structure française vous paie, il vous faut une voie qui autorise le travail. Le visa salarié passe par l'employeur et par une autorisation de travail. Le titre pluriannuel « talent » couvre les salariés qualifiés rémunérés au-dessus d'environ 39 600 euros et titulaires d'un master, les chercheurs, les fondateurs et les investisseurs ; il dure jusqu'à quatre ans et donne à votre conjoint et à vos enfants un titre famille équivalent.

Famille et conjoint

Famille et conjoint

C'est la voie du conjoint de Français, et celle de la famille d'un citoyen européen installé en France. Si vous rentrez au pays avec un conjoint canadien, c'est celle qui vous concerne. Elle débouche sur une carte « vie privée et familiale » qui autorise à travailler, mais elle n'a rien d'automatique et les pièces autour du mariage lui-même prennent du temps à réunir.

Le calendrier qui compte : la demande se fait avant le départ, puis, une fois en France, le visa se valide en ligne dans les trois mois suivant l'arrivée, avec la taxe de séjour qui est passée le 1er mai 2026 à 300 euros, plus un droit de timbre de 50 euros pour un premier titre. La douane française veut elle aussi voir que votre résidence a bougé avant d'appliquer la franchise à vos biens : le visa n'est donc pas la dernière étape du déménagement, c'est la première.

Les règles évoluent : vérifiez les conditions en vigueur auprès du service officiel France-Visas avant de bloquer des dates, et faites-vous conseiller sur ce qui est propre à votre situation.

Ports, itinéraires et points d'arrivée

Voici ce que personne ne vous dit sur le transport maritime entre le Canada et la France : il y a bien moins de service direct entre les deux pays que la carte ne le laisse croire. Les services conteneurisés transatlantiques du Canada s'organisent autour de Montréal, Halifax et Saint John, et la plupart desservent Anvers, Rotterdam, Liverpool et Bremerhaven plutôt qu'un quai français. Les escales françaises existent, mais elles sont plus rares : la réponse honnête à « quand est-ce que ça arrive » dépend donc de la boucle que votre conteneur rejoint.

Deux portes d'entrée françaises comptent. Le Havre dessert le nord et l'ouest, avec des liaisons fluviales et ferroviaires par la Seine jusqu'à Paris. Fos-sur-Mer, le port à conteneurs de Marseille, dessert le sud et se rejoint par la boucle méditerranéenne qui fait escale à Montréal et à Saint John. Si vous vous installez en Provence, en Occitanie ou sur la Côte d'Azur, un acheminement par le sud peut réellement battre un débarquement en Normandie suivi d'un camion vers le sud.

Les itinéraires que nous utilisons

  • Halifax, le grand port le plus proche de l'Europe
    Aucun port nord-américain n'est plus près de l'Europe, et il reste libre de glace toute l'année. Une liaison directe depuis Halifax atteint Liverpool en six jours environ, ce qui donne une idée de la traversée elle-même ; un quai français prend plus longtemps à cause de sa place dans la rotation, pas à cause de la distance.
  • Montréal, et le réseau ferroviaire derrière
    Le principal port à conteneurs du Canada pour le commerce européen, ouvert toute l'année en aval des écluses, avec des trains à double empilement quotidiens depuis Toronto et les Prairies. Pour la plupart des foyers du Québec et de l'Ontario, c'est le point de départ concret.
  • Saint John, au Nouveau-Brunswick
    En forte croissance et desservi par plusieurs boucles européennes, dont le service méditerranéen qui atteint Fos-sur-Mer. Souvent la réponse discrète pour les foyers des Maritimes.
  • Le fret aérien, pour le peu qui ne peut pas attendre
    Cinq à huit jours sur les axes principaux, et quelques jours par coursier express. Bien trop cher pour un foyer entier, justifié pour les cartons dont vous avez besoin avant l'arrivée du conteneur. Nous vous dirons honnêtement quand cela ne vaut pas la dépense.
  • Si vous partez de Vancouver
    À savoir avant de planifier : il n'existe pas de service conteneurisé direct établi entre la Colombie-Britannique et la France. Le fret de la côte ouest passe soit par le canal de Panama, au sud, ce qui est lent, soit par cinq à sept jours de train jusqu'à Montréal avant d'embarquer. Nous chiffrons les deux et vous disons lequel l'emporte pour vos dates.
  • Si vous partez de Toronto ou des Prairies
    Toronto n'a aucun service maritime long-courrier vers l'Europe, quoi qu'en laisse penser une carte maritime. Les foyers de l'Ontario et des Prairies rejoignent Montréal ou Halifax par le rail, et en hiver c'est de toute façon la seule option.
  • Un conteneur pour vous seul
    Vos affaires, vos dates, votre fenêtre de livraison. La meilleure formule pour une maison entière ou pour quiconque travaille avec une date de vente.
  • Le conteneur partagé, ou groupage
    Vos affaires voyagent avec celles d'autres foyers qui vont dans la même direction. Cela coûte nettement moins cher, et la contrepartie est l'attente du remplissage du conteneur, plus quelques jours à chaque extrémité pour le groupage et le dégroupage.
  • Le garde-meuble aux deux extrémités
    Organisé dans la même prestation, parce qu'une date de vente au Canada et un bail français ne coïncident presque jamais.
  • Les objets encombrants
    Le canoë, les pneus d'hiver, le piano, le congélateur coffre. Signalez-les lors de la visite et ils deviennent une ligne de votre devis plutôt qu'un problème le jour de l'emballage.

Délais de la liaison Canada-France

DépartArrivéeDurée estimée de port à port
Halifax, CanadaLe Havre, France9-14 jours
Saint John, CanadaLe Havre, France11-16 jours
Montréal, CanadaLe Havre, France12-18 jours
Halifax, CanadaFos-sur-Mer, France15-21 jours
Montréal, CanadaFos-sur-Mer, France16-22 jours
Saint John, CanadaFos-sur-Mer, France17-23 jours
Vancouver, CanadaLe Havre, France28-40 jours

Porte à porte, du Canada à la France

Notre prestation va de votre porte canadienne à votre porte française : emballage, export, traversée, déclaration en douane française et livraison. Un seul responsable de déménagement tient l'ensemble du dossier, pour que rien ne tombe dans l'interstice entre une équipe d'emballeurs canadienne et un déclarant en douane français.

Voici comment cela se déroule :

  • Visite et devis
    Chez vous dans la plupart des villes canadiennes, ou en visio si vous êtes plus isolé. Nous calculons le volume, abordons tôt la voiture, le vin et les animaux, et vous donnons un prix qui intègre déjà la traversée.
  • Inventaire et papiers
    Avant le jour de l'emballage, votre responsable de déménagement passe la liste en revue avec vous, met de côté tout ce que la franchise française ne couvrira pas, et vous aide à rassembler les preuves de votre vie au Canada pendant que les documents sont encore faciles à retrouver.
  • L'emballage chez vous
    Notre équipe protège et met en cartons, et la liste détaillée qu'elle rédige est celle que lira la douane française. Vous pouvez emballer quelques cartons vous-même, même si les assureurs les excluent souvent, et nous vous le disons d'emblée.
  • Chargement et export
    Vos affaires entrent dans le conteneur qui les transportera, le volet export canadien est déposé, et vous recevez une fenêtre d'arrivée plutôt qu'un espoir chiffré.

L'arrivée en France
Notre déclarant en douane dépose la déclaration Cerfa 10070, votre inventaire et vos justificatifs de résidence au Havre ou à Fos-sur-Mer, et traite directement toute question ou tout contrôle.

La livraison chez vous
Une fois dédouané, votre envoi part par la route jusqu'à votre adresse. L'équipe rentre tout, place les choses où vous le souhaitez, remonte ce qu'elle avait démonté et repart avec les emballages.

Quand les dates ne tombent pas juste
C'est souvent le cas. Le garde-meuble, à l'une ou l'autre extrémité, est prévu dans la même prestation, pas ajouté en surprise plus tard.

Et du début à la fin, c'est la même personne qui décroche. Pas de centre d'appels, pas de numéro de ticket.

Une seule personne à vos côtés, du début à la fin

Sur ce corridor, vous travaillez avec un seul responsable de déménagement, de la première visite au Canada au dernier carton en France. Il pilote l'emballage, la traversée, le dédouanement français et la livraison : vous n'aurez jamais à réexpliquer votre déménagement à quelqu'un de nouveau en cours de route.

Cela compte plus qu'ailleurs ici, pour deux raisons. D'abord l'ordre des choses : le visa long séjour quand il en faut un, l'adresse française et vos justificatifs de résidence doivent tous exister avant que la douane française applique la franchise, et un conteneur qui arrive avant les papiers attend, tout simplement. Ensuite les saisons : si vous partez de l'Ontario ou des Prairies entre janvier et fin mars, la Voie maritime est fermée en amont de Montréal et l'acheminement change, ce qui est typiquement le genre de chose que vous voulez entendre à la première conversation plutôt qu'à la dernière.

La France a six heures d'avance sur Toronto et Montréal, et neuf sur Vancouver : avoir en face de soi une personne qui connaît déjà le dossier, c'est la différence entre un message rapide et une journée perdue.

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Faire venir une voiture du Canada

Commençons par la bonne nouvelle, parce que sur cette liaison il y en a vraiment une : le Canada et la France roulent tous les deux à droite, et votre voiture arrive donc avec le volant du bon côté. Ce n'est pas le cas des voitures australiennes ou britanniques que nous acheminons vers la France, et cela supprime la partie la plus pénible de l'importation d'un véhicule. Ce qui la remplace est un problème de papiers. Les voitures du marché canadien sont construites selon les normes nord-américaines, pas européennes, et la France veut la preuve des normes européennes.

Ce que demande l'immatriculation française

  • Le certificat 846 A
    Délivré par la douane française une fois la voiture dédouanée, à partir de son certificat d'immatriculation canadien, des papiers d'achat et de vos justificatifs de résidence. Sous franchise, il n'y a rien à payer, et le certificat sert ensuite de preuve de l'exonération. Sans lui, les droits et la TVA passent d'abord.
  • La preuve de conformité aux normes européennes
    Commencez par demander un certificat de conformité au représentant français du constructeur. Une voiture construite pour le marché canadien n'obtient souvent qu'une attestation partielle, voire rien du tout, et passe alors par une réception à titre isolé auprès de la DREAL de votre région. Attendez-vous à ce que l'éclairage soit le point de blocage : les phares et les feux de position latéraux nord-américains doivent en général être remplacés par des équivalents homologués en Europe.
  • L'immatriculation par l'ANTS
    Avec le 846 A et la preuve de conformité en main, la voiture s'immatricule en ligne auprès de l'agence nationale des titres sécurisés. Ne laissez pas traîner : la plaque provisoire sur laquelle roule une voiture fraîchement importée est limitée dans le temps et ne peut pas être renouvelée, alors lancez l'immatriculation dès que la voiture est dédouanée.

Ce que cela coûte vraiment

  • Avec la franchise : ni droits ni TVA
    À condition d'avoir possédé et utilisé la voiture pendant au moins six mois et qu'elle arrive dans la fenêtre de 12 mois. La règle des 12 mois sans revente s'applique à la voiture exactement comme aux meubles.
  • Sans la franchise : 10 % de droits plus 20 % de TVA
    Calculés sur la valeur de la voiture augmentée du coût de son transport. Sauf pour un véhicule déjà ancien, c'est en général là que la vente au Canada devient la réponse la moins chère.
  • La réception et le malus écologique
    Une réception à titre isolé peut impliquer des frais de contrôle, des rapports d'essai et le remplacement de l'éclairage. Par ailleurs, la France applique un malus à l'immatriculation sur les véhicules les plus émetteurs et les plus lourds, et les seuils se durcissent presque chaque année. Un pick-up canadien grand format ou un SUV à gros moteur peut en supporter un montant considérable même s'il est entré en franchise : vérifiez donc le barème en vigueur pour votre modèle exact avant de le réserver sur un navire.

Le résumé honnête, c'est que le volant est du bon côté et que presque rien d'autre ne l'est. Pour un véhicule de collection, un van que vous avez aménagé vous-même, ou quelque chose de vraiment introuvable en Europe, l'effort peut valoir la peine. Pour un crossover de trois ans, la plupart des gens sur ce corridor vendent au Canada et rachètent en France : pas de réception à passer, pas de mauvaise surprise de malus, et une voiture facile à revendre ensuite.

Faire venir votre chien ou votre chat

C'est l'une des parties les plus douces du déménagement. Le Canada figure sur la liste des pays dont les animaux n'ont pas besoin de test sérologique antirabique, et il n'y a aucune quarantaine à l'arrivée en France. Votre chien ou votre chat a besoin d'une puce électronique, d'une vaccination antirabique faite dans le bon ordre, et d'un certificat sanitaire visé par l'Agence canadienne d'inspection des aliments avant votre vol.

Un point à connaître si vous lisez des guides anciens : l'Union européenne a remplacé ses règles de circulation des animaux de compagnie en avril 2026, et les textes cités dans la plupart des articles de blog, voire dans certains PDF d'allure officielle, sont abrogés. Les exigences pratiques ci-dessous n'ont pas beaucoup changé, mais les formats de certificat et certains détails sur qui peut voyager avec l'animal, si. Confirmez les étapes en vigueur auprès de l'ACIA avant de réserver les vols, et accordez-vous plus de temps que ne le suggèrent les minimums.

Les étapes, dans l'ordre qui compte

  • 1. La puce d'abord
    La vaccination antirabique ne peut pas être datée avant la pose ou la lecture de la puce. Une vaccination faite avant ne compte tout simplement pas, et la seule solution est une nouvelle vaccination et une nouvelle attente.
  • 2. La vaccination antirabique
    Faite à partir de l'âge de 12 semaines, et valable 21 jours après la fin de la primovaccination. Cette date fixe le moment le plus tôt où votre animal peut entrer dans l'Union européenne.
  • 3. Pas de test sérologique
    Parce que le Canada est un pays listé, le titrage des anticorps antirabiques ne s'applique pas. Cela mérite d'être dit clairement, parce que c'est l'étape qui coûte trois mois d'attente à ceux qui partent d'ailleurs. Si votre trajet transite par un pays qui n'est pas listé, posez la question avant.
  • 4. Le certificat sanitaire européen
    Rempli par un vétérinaire habilité puis visé par l'ACIA, sans aucune modification après le visa. Il doit être visé au plus tard 10 jours avant que votre animal se présente au poste de contrôle frontalier de l'Union européenne : c'est donc l'une des dernières choses à organiser, pas l'une des premières.
  • 5. L'arrivée et le nombre d'animaux
    Votre animal doit arriver par un point d'entrée désigné pour les voyageurs et y être présenté à la douane : confirmez donc l'itinéraire avec votre compagnie aérienne plutôt que de supposer que n'importe quel aéroport fera l'affaire. Les règles non commerciales couvrent jusqu'à cinq animaux, et le vôtre doit voyager avec vous ou avec une personne que vous avez mandatée par écrit.

Ce que disent ceux qui ont fait ce déménagement

Du Canada à la France

"Nous sommes partis en février, le seul mois où l'on ne peut pas expédier depuis l'Ontario, je le sais maintenant. Notre responsable de déménagement nous a expliqué la fermeture de la Voie maritime dès le premier appel, a tout fait acheminer par train jusqu'à Montréal, et c'est parti la même semaine. J'aurais passé un mois à attendre que la glace fonde si j'avais réservé moi-même. Les cartons étaient à Lyon avant la fin mars."

Marc D.

Ottawa-Lyon

"Le vin a été la conversation délicate. Nous avions collectionné des bouteilles du Niagara pendant quinze ans, et rien de tout cela ne voyage en franchise, ce que personne ne nous avait dit avant elle. Nous avons expédié une caisse, beaucoup bu à la fête d'adieu et laissé le reste à mon frère. Tout le reste est passé par Le Havre sans la moindre question, et l'équipe a remonté les lits l'après-midi même."

Hélène P.

Toronto-Bordeaux

"En partant de Vancouver, je pensais qu'il y aurait un navire pour la France. En réalité, non. Ils m'ont donné les deux options avec des dates honnêtes, le passage par Panama et le train jusqu'à Montréal, et le train l'a emporté de presque deux semaines. Ma fille a fait sa rentrée à Nice en septembre, la seule date qui comptait vraiment pour nous."

Nadia B.

Vancouver-Nice

La vie en France après le Canada

Sur ce corridor, la langue est rarement le problème. Si vous rentrez en France, vous connaissez déjà le pays ; si votre conjoint ou vos enfants ont grandi au Québec, ils arrivent avec un français qui est le leur, complet et parfaitement légitime. L'angle mort, c'est de croire que le français québécois et le français de France sont la même expérience sociale. Le vocabulaire diffère, le registre diffère, et les premières semaines s'accompagnent de corrections bien intentionnées de la part d'inconnus. Cela passe, et ce sont eux qui ont le plus joli mot pour « courriel ».

L'adaptation quotidienne est surtout administrative. Quand on a pris l'habitude de tout régler en ligne avec l'administration canadienne, on redécouvre que la France fonctionne au document : la validation du visa, le numéro de sécurité sociale, le compte bancaire, la carte Vitale, chacun réclamant un papier qui vient d'un autre. C'est lent pendant quelques mois, puis cela ne l'est plus. Ceux qui souffrent le plus sont en général ceux qui attendaient du premier mois qu'il ressemble au douzième.

12 mois

la durée de résidence hors de l'Union européenne exigée avant que vos biens puissent bénéficier de la franchise douanière française

20 %

la TVA française appliquée à vos biens de maison si la franchise ne joue pas, avant tout droit de douane

35

l'âge maximal d'un Canadien qui demande le visa vacances-travail français, l'une des trois seules nationalités à bénéficier de cette limite

Ce que coûtent les choses

En venant de Toronto ou de Vancouver, les loyers parisiens ont peu de chances de vous choquer, même si vous aurez moins d'espace pour le même argent et que très peu d'appartements viennent avec une place de parking. Quittez la capitale et l'écart devient réel : en ville moyenne ou à la campagne, le prix d'un deux-pièces dans une grande ville canadienne peut couvrir une maison avec jardin.

Les dépenses du quotidien se déplacent d'une façon qu'on remarque vite en arrivant du Canada. Le pain, le fromage, le vin et le menu du midi dans un restaurant de quartier coûtent moins cher qu'au Canada, et la qualité se discute difficilement. L'essence, les péages, tout ce qui est importé de hors Union européenne et la plupart des artisans coûtent plus cher. L'achat immobilier s'accompagne de frais initiaux plus élevés qu'on ne l'imagine, essentiellement les droits de mutation collectés par le notaire : prévoyez-les dès le départ.

Pour votre déménagement, les coûts qui pèsent le plus sont ceux du calendrier. Si votre conteneur arrive avant que vous ayez une adresse française, les frais de garde-meuble commencent, et si vous vendez au Canada avant de pouvoir acheter en France, vous louerez entre les deux. Faire coïncider ces dates rapporte plus que de marchander le fret.

La sécurité, et ce qui change

La France est un pays sûr à l'échelle internationale, et la vie quotidienne dans la plupart des villes est calme. Comme dans toute grande ville, les pickpockets travaillent là où il y a du monde : stations de métro, rues touristiques, trains bondés. Gardez votre téléphone hors de la poche arrière à Paris et vous avez réglé l'essentiel.

Les différences concrètes tiennent aux papiers. On attend de vous que vous puissiez prouver votre identité : ayez sur vous votre titre de séjour ou votre pièce d'identité. L'assurance habitation est obligatoire pour les locataires et votre propriétaire en demandera l'attestation. Et le numéro d'urgence n'est pas le 911 : en France on compose le 112 pour toute urgence, le 15 pour le SAMU, le 17 pour la police et le 18 pour les pompiers.

Ce qui surprend en venant du Canada, ce n'est pas la délinquance, c'est le système. L'administration française suit ce qui est écrit sur le formulaire plutôt que l'esprit de votre demande, et un document manquant peut bloquer complètement une procédure. Gardez une copie de tout, et emportez plus de papiers que vous ne pensez en avoir besoin.

Ce que l'on gagne

Le salaire minimum français, le SMIC, s'élève à 1 867,02 euros bruts par mois pour un temps plein au 1er janvier 2026. Les rémunérations à Paris et dans des secteurs comme la tech, la finance ou l'aéronautique se situent bien au-dessus, mais en arrivant du Canada on trouve en général les salaires français plus bas à travail comparable, et c'est le coût de la vie qui fait tenir l'équation.

L'écart entre le brut et le net est plus grand qu'au Canada. Les cotisations sociales salariales sont prélevées avant l'impôt sur le revenu, et en échange vous avez la couverture maladie, une retraite d'État, l'assurance chômage et les prestations familiales. Il n'y a pas d'abondement employeur à négocier comme sur un REER (le RRSP sur vos relevés canadiens) : la retraite française vient de ces cotisations.

Quand vous comparez des offres, regardez au-delà du chiffre affiché. Les salaires français s'annoncent en brut annuel, certains employeurs versent un treizième mois, et être embauché au statut cadre change vos cotisations, votre préavis et parfois votre temps de travail. Demandez lequel on vous propose.

La fiscalité, des deux côtés du déménagement

Commençons par le départ du Canada, puisque c'est ce qui arrive en premier. Lorsque vous cessez d'être résident fiscal canadien, vous déposez une déclaration de départ, et l'ARC vous considère comme ayant vendu la plupart de vos biens à leur valeur de marché à cette date. Les comptes enregistrés échappent à cette règle, l'immobilier canadien aussi, mais un compte de placement non enregistré est pleinement concerné. Si la note est lourde, vous pouvez opter pour un report, avec une garantie exigée au-delà d'un certain seuil et aucun intérêt qui court entre-temps. La résidence se juge sur vos liens et non sur votre passeport : la date à laquelle vous cessez d'être résident est une question de fait, pas de choix.

Côté français, l'impôt sur le revenu de 2025 déclaré en 2026 s'établissait à 0 % jusqu'à 11 600 euros, 11 % jusqu'à 29 579 euros, 30 % jusqu'à 84 577 euros, 41 % jusqu'à 181 917 euros et 45 % au-delà, les tranches s'appliquant à chaque part du foyer selon le quotient familial. Le Canada et la France sont liés par une convention fiscale, en vigueur depuis 1976 et modifiée trois fois depuis, qui détermine où chaque type de revenu est imposé. Votre première déclaration française couvre l'année en deux temps, avant et après votre arrivée, et doit souvent être déposée en version papier.

Deux points concernent particulièrement ceux qui arrivent du Canada. L'impôt sur la fortune immobilière, l'IFI, s'applique au-delà de 1 300 000 euros de patrimoine immobilier net ; mais une personne qui n'était pas résidente fiscale française au cours des cinq années précédentes ne le paie que sur ses biens français jusqu'à la fin de la cinquième année suivant son arrivée, ce qui compte beaucoup si vous gardez une maison au Canada. Et le régime des impatriés dont vous entendrez parler, qui exonère une partie de la rémunération d'un salarié qui arrive pendant huit ans au plus, est explicitement fermé aux retraités : ce n'est pas un outil de préparation à la retraite.

Trouver du travail

D'abord, l'autorisation. Si vous êtes français, la question ne se pose pas. Pour un conjoint canadien en revanche, et sauf vacances-travail ou voie familiale française ou européenne, il faut un titre qui autorise le travail avant qu'un employeur français puisse l'embaucher. Un poste salarié suppose que l'employeur demande une autorisation de travail, ce que les petites entreprises françaises trouvent souvent décourageant. Le titre « talent » leur est plus facile à accepter, parce que bien moins de formalités retombent sur eux.

Si vous avez été formé au Québec, vérifiez les arrangements de reconnaissance mutuelle avant de supposer qu'il faut tout recommencer. La France et le Québec ont signé une entente, en vigueur depuis 2009, qui reconnaît les qualifications profession par profession et couvre plus de quatre-vingts professions et métiers : médecins, infirmiers, pharmaciens, avocats, architectes, ingénieurs et comptables, entre autres. Lorsque la formation diffère sensiblement, vous pouvez avoir à faire un stage d'adaptation ou une épreuve d'aptitude plutôt qu'à reprendre vos études depuis le début. C'est l'un des vrais avantages de ce corridor, et il porte sur la qualification québécoise, pas sur les diplômes canadiens en général. La demande se fait auprès de l'ordre professionnel concerné.

La langue est l'autre variable. Le français québécois est un atout, pas un handicap, quoi qu'on vous dise sur l'accent : vous serez compris partout et repris de temps en temps. Un Canadien anglophone trouvera son anglais natif réellement précieux dans les entreprises internationales, le tourisme et l'enseignement, beaucoup moins dans une PME régionale où le français de travail fait partie du poste. Si vous vous installez à votre compte, regardez les statuts avant d'arriver : la France a un régime micro-entrepreneur simple, avec des plafonds de chiffre d'affaires au-delà desquels les obligations grimpent vite.

Santé, école et déplacements

Le système de santé français est excellent et fonctionne autrement qu'un régime provincial. En général, vous payez le médecin et vous êtes remboursé d'une partie, une complémentaire appelée mutuelle couvrant l'essentiel du reste. Si vous travaillez en France, vous êtes couvert dès votre première heure de travail. Sinon, vous pouvez rejoindre le régime public, la PUMa, après trois mois de résidence stable : une couverture privée n'est donc pas facultative pendant ces premiers mois, et c'est de toute façon une condition permanente du visa visiteur. La France a par ailleurs voté une contribution financière pour les résidents qui ne travaillent pas et ne versent aucune cotisation française, dont le montant et la date d'entrée en vigueur sont renvoyés à un décret qui n'est pas encore paru : demandez à votre caisse d'assurance maladie si cela vous concerne, plutôt que de budgéter un chiffre lu en ligne. Votre couverture provinciale, elle, cesse dès que vous n'êtes plus résident de votre province : ne comptez pas dessus comme passerelle.

L'école est obligatoire de trois à seize ans pour tout enfant résidant en France, et l'accès ne dépend pas de la nationalité. On inscrit d'abord à la mairie, en général avant juin pour une rentrée en septembre, puis à l'école. Les enfants qui arrivent avec peu de français sont évalués et peuvent être accueillis dans une classe de soutien linguistique dédiée, qui fonctionne mieux que la plupart des parents ne l'imaginent. Si vos enfants viennent d'une école francophone au Canada, apportez leurs bulletins : la continuité se plaide plus facilement avec des papiers, et elle est encore plus simple s'ils étaient scolarisés dans un établissement du réseau AEFE.

Les déplacements sont une bonne surprise après les distances canadiennes. Le TGV met Lyon ou Bordeaux à environ deux heures de Paris, les transports urbains sont bon marché, et les autoroutes sont excellentes mais payantes. La France rurale suppose que vous avez une voiture, à ceci près que la commune suivante est en général à quelques minutes et non à une heure de route.

Retraite, épargne et banque

Commençons par le compte sur lequel on se trompe le plus souvent. Votre CELI (le TFSA sur vos relevés) peut rester ouvert et le Canada n'imposera pas ce qu'il rapporte, mais vous cessez d'accumuler des droits de cotisation pendant que vous êtes non-résident, et toute somme que vous y versez pendant cette période subit une pénalité de 1 % par mois jusqu'à ce que vous en ressortiez la totalité. Côté français, aucune règle ne reconnaît cette enveloppe : l'hypothèse prudente est donc que la France impose les revenus qu'elle produit au fur et à mesure. Votre REER ou votre FERR (les RRSP et RRIF canadiens) conserve son abri canadien, mais les retraits en tant que non-résident subissent par défaut une retenue canadienne de 25 %, et la convention franco-canadienne ne prévoit aucun taux réduit sur les pensions comme celui qui a fait la réputation de la convention entre le Canada et les États-Unis. Des options existent pour réduire cette retenue. Faites-vous conseiller avant de retirer quoi que ce soit.

Sur les retraites, le Canada que vous quittez change la donne. L'accord fédéral entre le Canada et la France, en vigueur depuis 2017, couvre la Sécurité de la vieillesse (la SV) et le Régime de pensions du Canada (le RPC), et permet à vos périodes de résidence et d'assurance françaises de compter pour l'ouverture des droits. Le RPC est versé partout dans le monde. La SV n'est versée indéfiniment à l'étranger que si vous avez vécu au Canada pendant au moins vingt ans après vos dix-huit ans, l'accord pouvant combler l'écart, et le Supplément de revenu garanti n'est pas exportable du tout. Le Québec, lui, est hors de cet accord fédéral : le Régime de rentes du Québec (la RRQ) et l'entente québécoise de 2003 avec la France sont des instruments distincts, et, contrairement à l'accord fédéral, l'entente québécoise comporte des dispositions d'assurance maladie pour un retraité québécois qui s'inscrit auprès d'une caisse française.

Un dernier point qui surprend les retraités, et c'est la mauvaise nouvelle honnête de cette liaison. Dès que vous relevez de la PUMa, vous êtes considéré comme couvert par un régime obligatoire français, et c'est ce qui déclenche les prélèvements sociaux sur vos pensions étrangères. L'exonération qui épargne les personnes affiliées à un régime de l'Espace économique européen, de Suisse ou du Royaume-Uni ne s'étend pas au Canada : un retraité venu du Canada les paie donc en général, là où son voisin britannique ne les paie pas. Pour la banque, ouvrez un compte français tôt, parce que le loyer, le salaire et les factures en supposent un ; si une banque vous refuse, la Banque de France peut en désigner une qui devra vous ouvrir un compte de base. Beaucoup gardent aussi un compte canadien ouvert pour les derniers versements, ce qui est parfaitement possible à condition de le déclarer : une fois résident français, vous devez déclarer chaque compte détenu à l'étranger avec votre déclaration annuelle, sur le formulaire 3916. La pénalité pour un compte oublié est de 1 500 euros par compte, et elle est facile à éviter.

Le climat, et les prises

Soyons honnêtes : après un hiver canadien, la France va vous paraître douce. Paris et le nord offrent du gris, de l'humidité et des journées courtes plutôt qu'un vrai froid, et la neige est un événement, pas une saison. Ce qui surprend en venant du Canada, c'est le logement. Les bâtiments français anciens ne sont pas isolés comme les canadiens, le chauffage est souvent plus modeste, et une maison en pierre peut donner plus froid à l'intérieur par 10 degrés dehors que votre logement de Winnipeg par moins 20. Emportez les bons chaussons.

Le sud est encore un autre pays. La Provence et la côte méditerranéenne ont des étés chauds et secs, les canicules sont devenues une habitude de juillet et d'août, et la climatisation est loin d'être partout. Le mistral peut souffler plusieurs jours d'affilée. Les vieilles maisons de pierre, avec leurs murs épais et leurs volets, supportent la chaleur mieux qu'on ne le croit.

Et le point à connaître avant d'emballer le moindre appareil : le Canada fonctionne en 120 volts et 60 hertz, la France en 230 volts et 50 hertz. Un adaptateur de prise change la forme des broches, pas la tension derrière. Tout ce qui a un moteur, un compresseur ou une résistance chauffante, du robot pâtissier à l'aspirateur en passant par l'outillage électroportatif, se vend mieux au Canada qu'il ne s'expédie de l'autre côté de l'océan pour finir inutilisable dans une cuisine française. Les ordinateurs portables et les chargeurs de téléphone, eux, ne posent pas de problème : leurs alimentations gèrent déjà les deux.

Les questions que l'on nous pose vraiment

Comptez six à dix semaines en porte-à-porte. Le trajet maritime est la partie courte : environ neuf à quatorze jours de Halifax au Havre, douze à dix-huit depuis Montréal, et quelques jours de plus encore jusqu'à Fos-sur-Mer, près de Marseille. L'emballage, le trajet terrestre, l'attente d'un départ, le dédouanement français et la livraison occupent le reste.

Un conteneur partagé ajoute une à deux semaines le temps qu'il se remplisse, et un déménagement depuis la côte ouest ajoute nettement plus. Les horaires transatlantiques sont par ailleurs moins fiables qu'avant : nous annonçons donc une fenêtre d'arrivée plutôt qu'une date unique.

En général non, si vous transférez vraiment votre résidence principale. La franchise française pour transfert de résidence normale supprime les droits de douane et la TVA à 20 % sur les biens personnels usagés, sur demande au moyen du formulaire Cerfa 10070 accompagné d'un inventaire valorisé, daté et signé en deux exemplaires.

Les quatre conditions : avoir résidé hors de l'Union européenne pendant au moins 12 mois consécutifs, avoir possédé et utilisé les biens pendant au moins 6 mois avant le déménagement, les faire entrer en France dans les 12 mois, et ne pas les vendre, les prêter ou les louer pendant les 12 mois qui suivent leur arrivée. Les Français qui rentrent au pays y ont droit exactement aux mêmes conditions, ni plus ni moins. L'alcool, le tabac, le matériel professionnel et les caravanes en sont exclus.

Oui, mais pas en franchise. L'alcool est exclu de la franchise quelle que soit son ancienneté chez vous : le vin qui figure dans votre envoi est donc soumis aux droits de douane, aux accises et à la TVA à l'arrivée.

Chiffrez avant d'emballer. Pour une vraie cave, les options habituelles sont de l'expédier et de payer, de la boire ou de la vendre avant le départ, ou de la laisser à la famille au Canada. Et déclarez tout ce qui voyage : des bouteilles non déclarées trouvées dans un conteneur sont un moyen sûr de transformer un dédouanement de routine en contrôle complet.

Non, et c'est l'hypothèse la plus coûteuse de cette liaison. Le Canada fonctionne en 120 volts et 60 hertz, la France en 230 volts et 50 hertz. Un adaptateur de prise change la forme des broches, pas la tension derrière, et brancher un appareil canadien sur une prise française sans transformateur le détruira.

Les ordinateurs portables, les chargeurs de téléphone et la plupart du matériel photo récent ne posent pas de problème, parce que leurs alimentations gèrent les deux. Tout ce qui a un moteur, un compresseur ou une résistance chauffante, du robot pâtissier à l'aspirateur en passant par l'outillage électroportatif, revient presque toujours moins cher à racheter en France qu'à expédier pour rien. Même avec un transformateur, les moteurs et les minuteries ne tournent pas pareil en 50 hertz.

Oui, sauf si vous restez au maximum 90 jours sur une période de 180. Pour vivre en France, il faut un visa long séjour demandé avant le départ, et l'on ne peut pas basculer depuis un séjour de visiteur une fois arrivé. Si vous êtes français, la question ne se pose pas : c'est le conjoint canadien qui est concerné.

Les Canadiens ont un avantage inhabituel sur la voie vacances-travail : la plupart des nationalités en sortent à 30 ou 31 ans, mais les Canadiens peuvent déposer leur demande jusqu'à la veille de leur 36e anniversaire, et l'accord de mobilité des jeunes entre la France et le Canada permet des séjours bien au-delà de l'unique année à laquelle la plupart des passeports ont droit. Sinon, les voies habituelles sont le visa visiteur long séjour pour les retraités et ceux qui vivent de leurs propres moyens, un visa salarié ou un titre « talent » si un employeur français vous paie, et les voies familiales, dont celle du conjoint de Français. Après l'arrivée, le visa se valide en ligne dans les trois mois.

Cela dépend de votre province, et c'est un piège classique. La liste française de réciprocité couvre l'Alberta, la Colombie-Britannique, le Manitoba, le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador, l'Ontario, l'Île-du-Prince-Édouard et le Québec. La Nouvelle-Écosse, la Saskatchewan et les trois territoires n'y figurent pas : un permis délivré là-bas ne peut pas être échangé, et il faudrait passer le code et la conduite en France.

Deux limites supplémentaires s'appliquent même pour les huit provinces listées. Seule la catégorie B, le permis voiture ordinaire, est échangeable : les catégories moto et poids lourd ne le sont pas. Et la demande se fait en ligne sur l'ANTS dans l'année qui suit la réception de votre premier titre de séjour, avec remise du permis physique et une traduction officielle. Votre permis canadien reste valable pour conduire pendant ce temps.

La bonne nouvelle, c'est que le Canada et la France roulent tous les deux à droite : contrairement à une voiture britannique ou australienne, la vôtre arrive avec le volant du bon côté. Le problème, c'est l'homologation. Une voiture du marché canadien n'a en général pas de certificat de conformité européen complet, ce qui impose une réception à titre isolé auprès de la DREAL de votre région, et les phares et feux de position latéraux nord-américains doivent normalement être remplacés par des équivalents homologués en Europe.

Côté finances, une voiture que vous possédez et utilisez depuis au moins six mois peut voyager sous la même franchise que vos meubles, avec le certificat 846 A délivré par la douane française. Sans la franchise, c'est 10 % de droits plus 20 % de TVA. Prévoyez à part le malus français à l'immatriculation sur les véhicules les plus émetteurs et les plus lourds, qui peut être élevé sur un grand pick-up ou un gros SUV même si la voiture elle-même est entrée en franchise.

Plus facilement que vous ne le craignez. Le Canada est un pays listé : votre animal n'a besoin d'aucun test sérologique antirabique, et il n'y a pas de quarantaine en France. C'est l'ordre qui compte : la puce d'abord, puis une vaccination antirabique faite à partir de 12 semaines, valable 21 jours après la fin de la primovaccination.

Le certificat est la dernière étape, pas la première. Le certificat sanitaire européen est rempli par votre vétérinaire et visé par l'Agence canadienne d'inspection des aliments au plus tard 10 jours avant que votre animal se présente au poste de contrôle frontalier européen, et il ne peut pas être modifié ensuite. Votre animal doit arriver par un point d'entrée désigné et y être présenté à la douane. L'Union européenne a remplacé sa réglementation sur la circulation des animaux de compagnie en avril 2026 : confirmez les formulaires en vigueur auprès de l'ACIA plutôt que de vous fier à des guides plus anciens.

Pour la plupart des foyers, Montréal ou Halifax. Halifax est le grand port nord-américain le plus proche de l'Europe et reste libre de glace toute l'année ; Montréal est la principale porte conteneurisée du Canada vers l'Europe, avec des trains à double empilement quotidiens depuis l'Ontario et les Prairies. Saint John, au Nouveau-Brunswick, est desservi par la boucle méditerranéenne qui atteint Fos-sur-Mer, ce qui convient à une installation dans le sud de la France.

Deux choses surprennent. Toronto n'a aucun service maritime long-courrier vers l'Europe : les envois de l'Ontario partent donc vers l'est par le rail. Et de janvier à fin mars, la Voie maritime du Saint-Laurent est fermée en amont de Montréal, ce qui met entièrement hors jeu les ports des Grands Lacs. Montréal, lui, reste ouvert tout l'hiver grâce aux brise-glaces.

Votre CELI (le TFSA) peut rester ouvert, et le Canada n'imposera ni ce qu'il rapporte ni ce que vous en retirez. Mais vous cessez d'accumuler des droits de cotisation pendant que vous êtes non-résident, et tout versement fait dans cette période entraîne une pénalité de 1 % par mois qui continue de courir jusqu'au retrait de la totalité. Arrêtez de cotiser avant de partir.

La France est l'autre moitié de la question. Aucune règle française ne reconnaît l'enveloppe du CELI : l'hypothèse prudente est donc que la France impose les revenus qu'elle produit au fur et à mesure. Votre REER ou votre FERR conserve son report d'imposition canadien, mais les retraits en tant que non-résident subissent par défaut une retenue canadienne de 25 % et, contrairement à la convention entre le Canada et les États-Unis, la convention franco-canadienne ne prévoit aucun taux réduit pour les pensions versées périodiquement. Des options existent pour alléger l'impôt. C'est vraiment un sujet de conseil : faites-vous accompagner avant de retirer quoi que ce soit.

Le RPC (le CPP sur vos relevés) est versé partout dans le monde, sans condition de résidence. La Sécurité de la vieillesse, c'est autre chose : elle n'est versée indéfiniment hors du Canada que si vous avez vécu au Canada pendant au moins 20 ans après vos 18 ans. En dessous, elle s'arrête après six mois d'absence, même si l'accord de sécurité sociale entre le Canada et la France peut faire compter vos périodes de résidence françaises pour l'ouverture des droits. Le Supplément de revenu garanti, lui, n'est pas versé à l'étranger du tout.

Si vous avez cotisé au Régime de rentes du Québec plutôt qu'au RPC, l'accord fédéral ne vous couvre pas. Le Québec a sa propre entente avec la France et, contrairement à l'accord fédéral, elle comporte des dispositions d'assurance maladie. Vérifiez votre situation auprès de Service Canada ou de Retraite Québec avant de fixer une date de départ.

Vous déposez une déclaration de départ pour votre dernière année de résidence, et ensuite le Canada ne vous impose plus que sur les revenus de source canadienne, en général par retenue à la source. C'est dans la déclaration de départ que se joue la disposition réputée : vous êtes considéré comme ayant vendu la plupart de vos biens à leur valeur de marché le jour où vous cessez d'être résident, ce qui peut créer une vraie note d'impôt sur un portefeuille non enregistré. Les régimes enregistrés et l'immobilier canadien échappent à cette règle.

Deux remarques pratiques. Vous devrez peut-être encore joindre le formulaire T1135 à votre déclaration de l'année du départ si le coût total de vos biens étrangers déterminés a dépassé 100 000 dollars canadiens pendant que vous étiez résident ; l'ARC ne demande les renseignements que pour la partie de l'année antérieure à la fin de votre résidence canadienne. Dans l'autre sens, la France vous demande de déclarer chaque compte détenu à l'étranger avec votre déclaration annuelle dès que vous êtes résident français, sur le formulaire 3916, avec une pénalité de 1 500 euros par compte non déclaré. Votre compte courant canadien doit donc y figurer.

Plus qu'on ne le croit, et plutôt en votre faveur. Le Québec a une entente de sécurité sociale distincte avec la France, séparée de l'accord fédéral entre le Canada et la France, qui couvre le Régime de rentes du Québec et comporte des dispositions d'assurance maladie que l'accord fédéral n'a pas.

Côté professionnel, l'arrangement France-Québec sur la reconnaissance mutuelle des qualifications, en vigueur depuis 2009, couvre plus de quatre-vingts professions et métiers, de la médecine et des soins infirmiers au droit, à l'architecture, à l'ingénierie et à la comptabilité. Lorsque la formation diffère sensiblement, vous pouvez avoir à faire un stage d'adaptation ou une épreuve d'aptitude plutôt qu'à tout recommencer. Les étudiants québécois paient par ailleurs les mêmes droits d'inscription universitaires que les étudiants français, au titre d'un accord distinct de 2024. Rien de tout cela ne s'étend aux qualifications obtenues ailleurs au Canada.

Si vous travaillez en France, vous êtes couvert dès votre première heure de travail. Sinon, vous pouvez rejoindre le régime public, la PUMa, après trois mois de résidence stable : il vous faut donc une assurance santé privée pour ces premiers mois. C'est de toute façon une condition permanente du visa visiteur, et votre couverture provinciale cesse dès que vous n'êtes plus résident de votre province.

La PUMa rembourse une partie du coût et non la totalité : la plupart des gens y ajoutent une mutuelle. Un point à budgéter honnêtement : une fois couvert par le système français, les prélèvements sociaux français s'appliquent à vos pensions étrangères, et l'exonération qui épargne les personnes couvertes par un régime de l'EEE, suisse ou britannique ne s'étend pas au Canada. La France a aussi voté une contribution pour les résidents qui ne travaillent pas et ne versent aucune cotisation française, mais le montant est renvoyé à un décret qui n'a pas été publié : traitez donc tout chiffre que vous verrez circuler comme non confirmé.

Plus que sur la plupart des liaisons. De janvier à fin mars, la Voie maritime du Saint-Laurent est fermée en amont de Montréal : les ports des Grands Lacs sont donc tout simplement indisponibles et les déménagements de l'Ontario partent par le rail vers Montréal ou Halifax. Les tempêtes d'hiver décalent aussi les horaires transatlantiques, et les compagnies appliquent des surcharges pour basses eaux à Montréal quand le fleuve est bas.

De mai à septembre, c'est la haute saison des deux côtés, avec des prix plus élevés et des délais plus longs, et c'est la période où les familles déménagent pour être là à la rentrée française début septembre. Le mois d'août est calme dans le mauvais sens du terme : votre conteneur peut accoster à l'heure et attendre quand même la réouverture d'un bureau français. Deux à trois mois d'avance sont confortables pour un conteneur à vous, davantage si vous visez une rentrée scolaire.

Vos prochaines étapes

  • Commencez par le visa, s'il en faut un. La demande se fait avant le départ, et la douane française veut voir que votre résidence a réellement bougé avant d'appliquer la franchise à vos biens. Si quelqu'un dans la famille a moins de 36 ans et un passeport canadien, regardez la voie vacances-travail avant de la croire fermée.

  • Consultez un conseiller en fiscalité transfrontalière pendant que vous êtes encore résident canadien. La déclaration de départ, la disposition réputée, le sort de votre CELI et la façon dont la France traitera votre REER se planifient bien plus facilement avant le départ qu'ils ne se réparent après.

  • Cessez de cotiser à votre CELI avant de devenir non-résident. Les versements faits en étant non-résident entraînent une pénalité de 1 % par mois jusqu'au retrait de la totalité.

  • Vérifiez votre province sur la liste française d'échange de permis. Seuls les permis de catégorie B de huit provinces s'échangent sans examen, et la demande se fait dans l'année qui suit l'obtention de votre premier titre de séjour.

  • Prenez rendez-vous chez le vétérinaire tôt. La puce d'abord, puis la vaccination antirabique au moins 21 jours avant l'entrée, puis le certificat sanitaire visé par l'Agence canadienne d'inspection des aliments au plus tard 10 jours avant le voyage.

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